Fibre optique tertiaire: monomode, multimode, capacites
OM4 à 80%, OS2 sur campus: ce que recommande ISO/IEC 11801 en tertiaire
80% des immeubles tertiaires R+5 à R+10 sont sur-spécifiés en OS2 monomode: l’OM4 suffit jusqu’à 100 Gb/s sur 100 m (ISO/IEC 11801-1:2017), pour un CAPEX transceivers 3 à 5 fois inférieur. Quelle catégorie de fibre optique entreprise choisir réellement pour un immeuble de 8 étages et 90 postes par plateau? Sur ce profil, le trafic IP agrégé peut atteindre plusieurs gigabits par seconde en pointe, ce qui sature le Cat 6A et impose un backbone fibre 10 Gb/s minimum. La norme ISO/IEC 11801-1:2017 propose quatre références: OM3, OM4, OM5 et OS2 monomode. Kytom, fondé en 2006, calibre la catégorie optique, la connectique LC ou MPO et la longueur de liens avec la DSI client et l’intégrateur courants faibles.
Position Kytom contrarian: la doxa profession sur-spécifie l’OS2. Notre lecture diffère de la pratique courante des intégrateurs courants faibles: en deçà de 200 m de lien et sans projection 400 Gb/s à 10 ans, le monomode génère un surcoût transceivers LR4 (1500 à 2500 EUR par port, relevé fournisseurs Kytom 2024) trois à cinq fois supérieur aux modules SR4 multimode, sans gain réel. Sur un immeuble mono-bloc R+5 à R+8 avec local serveurs central, l’OM4 pur reste l’optimum technico-économique: passer en OS2 par précaution alourdit le CAPEX de 25 à 35% pour un bénéfice nul tant que la DSI ne migre pas en 100 Gb/s LR4. Inversement, sur campus multi-bâtiments supérieurs à 300 m ou immeubles à haute performance environnementale et BREEAM avec DPO 2030 contraint, l’OM4 devient sous-dimensionné.
Pour la DSI: 5 phases, 12 semaines, recette OTDR sur 100% des liens (et SLA 99,95%)
Cette section reformule l’exécution chantier sous l’angle DSI: la fibre n’est pas un sujet courants faibles, c’est un sujet infrastructure IT avec SLA mesurable et traçabilité d’audit. Le séquençage articule DSI client, intégrateur courants faibles et maîtrise d’œuvre architecturale autour de cinq phases sur 12 semaines.
- Audit IT et calibrage débit: la DSI fixe la cible par étage (10, 25 ou 40 Gb/s) selon densité postes, applications métier et SLA contractualisé avec les directions métier.
- Implantation du local serveurs: niveau intermédiaire (R+3 à R+5 sur 8 étages) pour minimiser les longueurs et équilibrer la distribution vers les baies VDI.
- Choix de la catégorie optique: OM4 pour les liens inter-étages courts, OS2 pour les liaisons campus, rétro-bureaux et débits 100 à 400 Gb/s.
- Connectique: LC duplex pour SFP/SFP+ à 1, 10 et 25 Gb/s; MPO/MTP 12 ou 24 fibres pour QSFP+ 40 Gb/s et QSFP28 100 Gb/s, conforme IEC 61754.
- Recette par mesures normalisées: réflectométrie OTDR, mesure d’atténuation IEC 61280-4-1, test BER (Bit Error Rate) sur 100% des liens.
Pour l’audit DSI: les plans as-built et l’étiquetage TIA-606-C remis en fin de chantier conforment la livraison aux exigences sur le test des liaisons optiques installées, alimentent le DOE et le CMMS pour exploitation, et fournissent la base de preuve en cas d’incident réseau ou d’audit de sécurité de l’information sur les actifs physiques associés.
Quand la méthode 5 phases est surdimensionnée: avis contrarian. Contrairement à l’usage répandu des appels d’offres tertiaires qui copient-collent un cahier des charges fibre intégral, pour un plateau unique de moins de 30 postes ou un projet de moins de 500 m², la phase 2 tombe: un coffret VDI mural alimenté en cuivre Cat 6A suffit, et le retour sur investissement d’une infrastructure fibre complète se révèle difficilement justifiable à cette échelle. De même, sur immeuble loué avec bail 3-6-9 fermé à 3 ans, le déploiement OM4 complet se justifie difficilement: préférer un Cat 6A renforcé, plus rapide à redéposer.
Latence 0,5 ms, durée de vie 25 ans, disponibilité 99,95%: les gains mesurés pour la DSI
Sur un parc de plus de 1200 projets livrés depuis 2006, le passage à un backbone fibre 10/40 Gb/s génère trois bénéfices que la DSI peut inscrire dans son SLA et son plan de continuité.
- Latence réseau divisée par 4 à 10: 0,5 ms en transit interne fibre contre 2 à 5 ms sur Cat 6A en bout de portée, avec impact direct sur la VoIP G.711 (cible RFC 3550 inférieure à 150 ms bout en bout) et les sessions cloud Microsoft 365.
- Durée de vie 20 à 25 ans sur la fibre passive OM4 ou OS2 (données constructeurs FOTAG / IEC 60793-2-10), contre 10 à 15 ans pour le cuivre Cat 6A. Le surcoût initial à l’installation s’amortit généralement sur deux cycles de renouvellement des actifs réseau, d’autant que la fibre passive coûte 3 à 5 EUR par mètre linéaire et que la montée de 10 à 40 Gb/s ne nécessite que le remplacement des transceivers QSFP+.
- Disponibilité réseau renforcée après déploiement fibre, grâce à l’immunité électromagnétique du verre (IEC 61000-4-3) sur plateaux denses mêlant LED, VRV et postes simultanés.
L’environnement électrique conditionne ces résultats: réserve TGBT de 25 à 35% sur une souscription 50 à 100 kVA, onduleur dédié 6 à 10 kVA pour le local serveurs (autonomie 15 min selon EN 62040-3), séparation 30 cm courants forts/faibles avec croisements perpendiculaires conformément à la NF C 15-100.
Questions fréquentes
OM4 ou OS2 pour un immeuble tertiaire de 8 à 10 étages?
Position contrarian Kytom: la doxa intégrateur pousse vers l’OS2 par précaution, notre retour terrain montre que c’est rarement justifié en mono-bloc. Le choix dépend de la distance physique et du débit cible. Sur un immeuble de 8 à 10 étages avec local serveurs central et baies VDI d’étage, les liaisons font typiquement 50 à 150 m, ce qui place l’OM4 en zone optimale: 40 Gb/s sur 150 m, 100 Gb/s sur 100 m, avec un coût transceivers SR4 trois à cinq fois inférieur aux modules monomode LR4. L’OS2 devient pertinent au-delà de 300 m ou en projection 400 Gb/s à 10 ans.